Amélioration

Gestion du béton : les atouts des solutions numériques

Le béton est l’un des matériaux de construction les plus utilisés en France. Chaque année, près de 8 millions de m³ de béton sont produits et utilisés sur les chantiers de construction. Pourtant, la gestion du béton prêt à l’emploi par les acteurs du BTP est encore souvent chronophage et source de complexité, par manque de temps et de moyens. Aujourd’hui le développement des outils numériques peut aider les entreprises à devenir plus performantes dans leur gestion du béton. Quelles sont les problématiques de la gestion actuelle du béton sur un chantier et quel est l’intérêt d’utiliser des solutions digitales face à ces enjeux ? C’est ce que nous allons décrypter dans cet article.

Par Léa Ordener / Le 21 Avril 2021

Les problématiques de la gestion du béton

Ces problématiques se distinguent à différents niveaux de la gestion du béton :

La planification des bétonnages

Il est important de bien planifier son bétonnage afin de savoir combien de volume de béton on va couler chaque jour

Il est nécessaire d’effectuer un planning prévisionnel avant un bétonnage, c’est-à-dire préciser à la centrale à béton quel volume de béton sera coulé chaque jour de la semaine et sur quel ouvrage (plancher, voile, poteau, …). Actuellement, ce planning est envoyé par le conducteur de travaux au fournisseur de béton prêt à l’emploi (BPE) une semaine avant le bétonnage, par mail ou via un fichier Excel organisé sous la forme de planning hebdomadaire. Le fournisseur prend ainsi connaissance du volume de béton à prévoir par jour de bétonnage.

La veille du bétonnage, le conducteur confirme par mail le bétonnage du lendemain. De son côté le chef de chantier va, le jour même, indiquer par téléphone à la centrale que le chantier est prêt à accueillir les toupies.

Lorsque des aléas surviennent durant la construction, les travaux prennent du retard. Il faut donc décaler le bétonnage, revoir le planning, prévenir la centrale, … Ce processus est long et on peut vite s’y perdre.

Consultez notre article parlant du bétonnage pour en savoir plus !

Le suivi du béton

Avec l’augmentation des exigences de qualité et de traçabilité des clients, les enjeux environnementaux mais aussi les marges réduites des entreprises du BTP, il est important de bien effectuer le suivi du béton lors de la réalisation de bétonnages, c’est-à-dire l’enregistrement des camions toupies qui arrivent sur le chantier et le contrôle du béton qu’elles contiennent. L’analyse de ces informations permet de s’assurer que le bétonnage est conforme à ce qui a été prévu par l’équipe travaux du chantier. Traditionnellement, ce travail est réalisé à partir des bons de livraison.

Ces bons de livraison sont remis au chef de chantier dès l’arrivée d’une toupie de béton sur le chantier. Ils récapitulent l’ensemble des informations permettant d’identifier le béton livré (numéro de la toupie, date et heure de la première gâchée, type de béton, volume, etc.). Le chef de chantier vérifie à travers les bons de livraison que le béton livré est bien conforme à ce qui a été demandé. Si c’est le cas, il signe le bon, attestant de la bonne livraison du béton.

Une fois le bétonnage terminé, les bons de livraison sont rassemblés pour permettre au conducteur de travaux de les saisir, un à un dans un tableau Excel, afin de centraliser l’ensemble des informations. Puis, l’entreprise doit rendre compte des quantités de béton achetées et vérifier les factures transmises par le fournisseur de béton.

Les contrôles qualité

Ces tests (mesure de la température, de l’affaissement avec des essais de slump ou encore la réalisation d’éprouvettes pour les essais de compression à 28 jours) sont obligatoires et permettent de déterminer si le béton est bien en adéquation avec ce que l’on attend. Ils sont réalisés à l’arrivée des toupies sur le chantier. Le chef de chantier réalise les tests et note à la main les différentes analyses sur des feuilles de contrôle. Pour le test de résistance, il faut envoyer les échantillons à un laboratoire et attendre ses retours. Les feuilles de contrôle sont ensuite remises au conducteur de travaux. Elles sont souvent source d’erreur, par exemple si le chef de chantier oublie d’annoter à quel bon de livraison correspond chaque contrôle.

Ces contrôles sont obligatoires, mais toutes les toupies ne sont pas testées. Le nombre de toupies testées dépendra des besoins et des exigences du chantier en question.

Notre article sur les contrôles qualité du béton vous expliquera toutes les subtilités de ces différents types de contrôles, primordiaux pour en valider les caractéristiques.

La gestion budgétaire du béton

Le contrôle de gestion du béton impacte les résultats financiers

Le contrôle de gestion du béton est une donnée clé d’un chantier. Il sert à savoir si l’on a coulé plus ou moins de volume de béton que prévu, ce qui impacte directement les résultats financiers au vu du prix du béton et des volumes en jeu, notamment si l’on constate de grands écarts entre le volume théorique et le volume réel.

Malheureusement, il n’est pas toujours facile de savoir où a été coulé le béton issu d’une toupie donnée, surtout si le chef de chantier a omis de l’écrire sur le bon de livraison. Ainsi, s’il y a une perte de béton, c’est-à-dire une surconsommation de béton à un endroit, on ne saura pas dire s’il s’agit de tel plancher ou telle poutre où le béton a été perdu.

Par ailleurs, il y a aussi la difficulté de bien savoir terminer son bétonnage. En effet, il est parfois compliqué d’ajuster précisément les quantités et de savoir combien il faudra de m³ de béton en plus, ce qui ne facilite pas l’anticipation d’une nouvelle commande de béton auprès de la centrale. De plus, il est important de pouvoir anticiper ses commandes de béton, car le temps que la centrale prépare le nouveau béton et l’envoie, celui qui est déjà coulé peut déjà avoir bien pris, ce qui peut engendrer ultérieurement des défauts de structure.

Dans le cadre des travaux de fondations, le béton est directement coffré par le terrain en place. Dans le sol, le volume théorique que l’on estime pour le coulage du béton diffère très souvent du volume réel, puisque le coffrage est irrégulier. Ainsi, les volumes sont plus durs à calculer précisément et cela ajoute une difficulté supplémentaire au bétonnage.

Le suivi du béton est donc un travail manuel fastidieux, chronophage et répétitif, pouvant entraîner des erreurs face à la quantité d’informations à traiter, ou tout simplement à cause de la fatigue et la lassitude à effectuer ces tâches.

Il est donc important de gagner en efficacité dans sa gestion du béton, et l’utilisation de solutions digitales adaptées est un bon compromis.

L’intérêt des solutions digitales face à ces problématiques

L'utilisation d'une solution digitale peut faciliter sa gestion du béton lors d'un bétonnage

Ces solutions sont conçues pour répondre aux besoins de contrôle et de suivi des bétonnages. Elles apportent en effet un gain de temps et de fiabilité au niveau de la planification des bétonnages, de la saisie des bons de livraison, des contrôles qualité, du suivi budgétaire et du contrôle de facturation.

Comment fonctionnent ces outils ?

Schéma récapitulant les principales étapes d'utilisation d'un outil de gestion du béton
Schéma des différentes étapes d’utilisation d’un outil numérique de gestion du béton

Étape 1 : La planification

Au niveau de la planification des bétonnages, les logiciels permettent d’envoyer des mails automatiques pour informer la centrale du volume de béton que l’on souhaite couler. C’est aussi le moment où le conducteur de travaux saisit les différentes informations concernant le bétonnage (formule de béton, volume, adjuvants, …).

Cette étape est la seule où l’on peut se tromper, puisqu’elle nécessite de la saisie manuelle. Néanmoins, une fois que les informations sont rentrées, toutes les autres étapes se feront de façon automatique et sans erreur.

Étape 2 : Le scan des bons de livraison

Les équipes de chantier enregistrent le contenu des bons de livraison du béton dans une base de données à l’aide d’un ordinateur ou d’un téléphone portable, puis les affectent à l’ouvrage bétonné afin de connaître les quantités de béton et les coûts. L’enregistrement des bons se fait automatiquement en scannant des QR Codes, présents sur les bons de livraison, ou sans QR Code mais avec un moteur d’Intelligence Artificielle, permettant de récupérer rapidement et sans erreur de recopie des bons, de nombreuses données. Ces bons contiennent des informations sur le volume, le numéro de la toupie, la formule ou encore l’heure de première gâchée.

On peut facilement avoir 100m³ de béton à couler lors d’un bétonnage, ce qui fait beaucoup de bons de livraison à gérer, d’où l’utilité de s’aider d’un outil numérique de suivi béton.

Étape 3 : Les contrôles qualité

Lors des contrôles qualité du béton, on peut directement affecter des contrôles à un bon de livraison et à une toupie. Pour prouver la bonne réalisation des contrôles, il est possible de générer automatiquement ses fiches de contrôle. De plus, on peut communiquer directement avec les laboratoires béton afin de les prévenir qu’il y aura des éprouvettes à venir récupérer sur le chantier.

D’autre part, il est possible de programmer des rappels via le support utilisé (portable, ordinateur ou tablette), afin d’inciter les équipes terrain à pratiquer les contrôles qualité régulièrement, conformément au plan d’assurance qualité (PAQ).

Étape 4 : Le suivi du bétonnage

Les logiciels de bétonnage permettent d’avoir plus de précision au cours des bétonnages. Les équipes peuvent ainsi consulter un écran de suivi du bétonnage, qui affiche en temps réel un récapitulatif de la session en cours et des autres bétonnages, avec le volume total coulé, le nombre de toupies, la ventilation, le type de béton, les pompes utilisées et les commentaires enregistrés.

Un suivi en temps réel par scan des bons de livraison permet de dessiner automatiquement deux courbes :

  • Les courbes de bétonnages sont intéressantes à regarder car elles permettent de suivre l’évolution des volumes de béton coulé et donnent des précisions sur combien il reste de béton à couler. On peut alors anticiper sur des commandes supplémentaires de béton à passer auprès des centrales par exemple. Elles sont indispensables lorsque qu’il s’agit de réaliser des fondations (ce sont des ouvrages coulés directement dans la terre comme des pieux ou des parois moulées).
Dans le sol, le volume de béton à couler théorique diffère très souvent du volume réel puisqu’il constitue un coffrage irrégulier. Les volumes sont donc plus durs à calculer, et ainsi utiliser les courbes de bétonnage peut être intéressant.
  • Les courbes de cadence quant à elles, donneront la cadence moyenne du bétonnage, c’est-à-dire le suivi de l’arrivée des toupies sur le chantier. Cela est utile pour de grands bétonnages, afin éviter qu’il y ait trop d’écart de temps entre les différentes toupies.

De plus, un tableau de bord comportant des graphiques et des tableaux issus des données enregistrées permet d’avoir le suivi détaillé des progrès du chantier, par formule et par ouvrage. On peut également suivre la facturation de la centrale à béton et signaler si jamais il y a eu un problème sur le chantier (par exemple si le chauffeur de toupie est en retard ou s’il y a eu un problème au niveau d’un test qualité). Enfin, l’utilisateur a la possibilité d’exporter ce document vers un fichier Excel, détaillant ligne par ligne les bons de livraisons, ou de le télécharger en fichier PDF.

La solution est utile à toutes les échelles

Le conducteur de travaux gère les utilisateurs de la solution, paramètre les caractéristiques de son chantier, la trame de ventilation, les spécificités des contrôles, les types de béton et les tarifs du béton. C’est lui qui saisit les informations préalables à l’enregistrement des bons, au début de son chantier lorsque le fournisseur de béton a été choisi. Il peut également ajouter d’autres informations en cours de chantier (ouvrage supplémentaire à construire ou nouveau béton).

Le chef de chantier réalise toutes les actions permettant d’enregistrer les données liées au béton. C’est lui qui saisit manuellement les bons lorsque cela est nécessaire, les ventile sur la trame de chantier et note les contrôles réalisés sur le béton. Il scanne les bons de livraison soit en temps réel, au gré des arrivées des toupies, soit en série, par exemple en fin de journée.

La direction du chantier peut avoir accès aux données récoltées par l’interface centralisée et commune à tout le chantier.

Une connexion avec vos outils BIM

Représentation d'un outil BIM

Aujourd’hui le BIM est en fort développement sur tous les chantiers.

Les logiciels de gestion du béton peuvent s’interconnecter avec les outils BIM et les multiples données qu’ils récoltent s’intègrent dans la structure de données intelligentes des maquettes numériques. On peut alors par exemple visualiser sur les maquettes 3D les quantités de béton qui ont été coulées sur chaque ouvrage.

Grâce à ces outils, le traitement des bons de livraison devient plus efficace et il en découle ainsi une meilleure gestion du béton au niveau de la qualité mais également du budget. De plus, la récolte des données issues des différents chantiers pourra être analysée et utilisée afin d’améliorer la gestion des futurs bétonnages.

La solution Concrete Dispatch

Photographie montrant un téléphone portable affichant l'application Concrete Dispatch
La solution Concrete Dispatch

Première solution numérique e-béton de suivi des bétonnages, ConcreteDispatch™ aide les entreprises à gérer plus facilement et rapidement de petits comme de grands volumes de béton et les accompagne de la planification au coulage des bétons. En effet, elle permet de s’assurer de la réalisation des contrôles qualité exigés par les normes et les marchés, et agrège l’ensemble des données recueillies afin de fournir aux entreprises de construction une vision d’ensemble de la consommation de béton sur leurs chantiers.

Partager :

Abonnez-vous
à notre newsletter

Votre inscription n'a pas pu être enregistrée, veuillez réessayer.
Merci d'avoir rejoint la newsletter Concrete Dispatch !